Fondations des éoliennes : revoir les bases

Fondations des éoliennes : revoir les bases

C’est l’un des arguments préférés de ceux qui s’opposent aux projets éoliens : l’impact irréversible d’une « bétonisation » des sols. Pas de chance, il existe des réponses… « béton » !

Depuis 2011, l’arrêté n° 0198 du ministère de l’Écologie encadre fortement la remise en état des sites éoliens en fin de vie. Tout doit être démonté. Les sols, abritant les fondations, doivent être excavés sur une profondeur comprise entre 30 cm et 2 mètres selon leurs usages finaux. Dans tous les cas, les terres originelles doivent être remplacées par des « terres de caractéristiques comparables », ce qui vaut aussi pour les chemins d’accès aux éoliennes.

De plus, le financement de ces opérations doit être obligatoirement provisionné par le propriétaire du parc à hauteur de 50 000 euros par éolienne.

Économie circulaire 

Mais ce n’est pas tout ! Le béton et l’acier des fondations sont intégralement enlevés, éliminés ou recyclés. Ses opérations sont détaillées dans un article récent du journal de l’environnement. Samuel Neuvy, responsable développement du groupe Quadran (filiale renouvelable de Direct Energie) explique les pratiques vertueuses appliquées sur le parc éolien de Goulien, dans le Finistère, et appelées à se généraliser. Entièrement concassé, le béton est recyclé en granulats tandis que les métaux sont récupérés par un ferrailleur. Les projets éoliens n’ont pas attendu la feuille de route du gouvernement pour s’inscrire dans l’économie circulaire.

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web

3 réflexions au sujet de “Fondations des éoliennes : revoir les bases

  1. Bonjour,
    Les éoliennes posent plusieurs problème et peut-être chacun a sa sensibilité.
    L’impact négatif est surtout sur les paysages, paysages défigurés pour de nombreuses décennies, tristesse pour ceux qui les ont connus quand ce n’est pas nuisance.
    Par ailleurs le mode de financement pose problème.
    Il est réalisé de telle manière, on a l’ a probablement étudié pour qu’il soit ainsi, à savoir attrayant, voire très attrayant financièrement, autant pour les collectivités locales qui sont à la recherche de revenus réguliers pour leurs budgets que pour les propriétaires de terrains, ce qui lève beaucoup de freins à la couverture anarchique des beaux paysages de notre pays.
    Ceux qui voyageront cet été s’en rendront compte.
    Sur le plan financier, les nombreuses petites sociétés qui promeuvent, font les dossiers, portent les projets, cela également sur les autres modes de transition énergétique, se présentent sous un jour très vert mais sont surtout des sartup financières qui vont encaisser de substantiels bénéfices assez rapidement par une concentration financière très rapide se développant, à savoir par leur rachat par des banques ou autre puissantes entités financières.
    On peut même se demander si ces startup vertes n’ont pour raison d’exister que faire ce que les grands groupes financiers n’auraient pu faire ou avec beaucoup plus de difficultés compte tenu de leur nature car bien trop financiers pour être acceptés
    par les citoyens et les collectivités locales.
    Cependant, le monde économique est ainsi et cela ne doit pas priver l’impérieuse nécessité de diversifier la production d’énergie mais rendre vigilant, avec de bonnes intentions on peut tout de même dérailler.
    Cordialement

    • Bonjour easy88,

      Le sujet de l’article portait sur les fondations des éoliennes terrestres et non sur l’impact paysager de ces éoliennes.

      Sur le sujet des fondations, nous pouvons ajouter les précisions suivantes :

      – La surface au sol correspondant aux fondations d’une éolienne est comprise entre 100 et 200 m² en fonction des modèles et de la puissance de la machine. Cette emprise n’est plus que d’une vingtaine de mètres carrés une fois le chantier terminé, les fondations sont recouvertes de terre végétale (d’une hauteur d’un mètre).
      – La masse de béton dans les fondations d’une éolienne est à peu près équivalente à la masse d’une maison d’habitation. Ces fondations sont ensuite enlevées dans leur partie supérieure lors du démantèlement.
      – Le plus souvent l’accès à un parc éolien utilise les routes et chemins existants, ce qui en diminue les couts et l’impact.

      Concernant l’impact paysager, il ne peut être nié. Toutefois, la perception de tout un chacun en la matière est des plus subjective. Toujours est-il que beaucoup de personnes ne partagent par votre avis sur les « paysages défigurés » par les éoliennes.

      Sachez néanmoins que les règles d’urbanisme sont contraignantes, les servitudes techniques nombreuses et qu’un volet paysager de l’étude d’impact porte sur le paysage.

      Avant toute construction d’éolienne et l’éventuelle obtention d’un permis de construire, un dossier complet est envoyé à plus d’une vingtaine d’administration et de services spéciaux qui devront donner un avis simple ou un avis conforme motivé.

      Ces avis sont ensuite réunis par la DDE (Direction Départementale de l’Équipement) et envoyés au Préfet qui décide ou non d’accorder le permis de construire à l’issue d’une période d’instruction, après avis du Commissaire Enquêteur et de la Commission des Sites, Perspectives et Paysages.

      Comme vous le comprenez, les constructions d’éoliennes sont donc soumises à des procédures longues et complexes prenant notamment en compte l’impact sur les paysages.

      Enfin, contrairement à une centrale nucléaire dont le démantèlement reste à ce jour impossible et la marque dans le paysage certaine, les éoliennes peuvent être facilement montées et démontées. L’impact paysager reste donc tout à fait limité dans le temps.

      Cyrille

  2. Bonsoir,
    J’avais bien compris que l’article concernait les fondations des éoliennes et sur ce point il m’ a bien informé.
    Mais il est difficile de parler de ce qui est sous terre sans aborder ce qui est au-dessus bien plus visible.
    Je vous remercie de me rappeler le long processus administratif pour parvenir à un projet acceptable, en précisant que les DDE n’existent plus depuis 2009.
    Je souscris à l’argument de l’extrême difficulté du démantèlement du nucléaire et au danger mortifère que représentent ces installations et à la grande facilité à démonter une éolienne.
    Enfin pour clore mon commentaire sur les éoliennes, le regret du fort impact paysager est plus partagé que ce que vous affirmez, je le vois dans ma région, et pour preuve, les plus hautes autorités de l’Etat s’en préoccupent .
    Bien cordialement

Laisser un commentaire

X