Projets d’infrastructures d’énergie renouvelable : pourquoi un tel rush ?

Projets d’infrastructures d’énergie renouvelable : pourquoi un tel rush ?

Aux côtés de fonds financiers spécialisés, les acteurs du financement participatif se positionnent. Ils permettent aux citoyens d’investir, de rendre les énergies renouvelables plus compétitives tout en conservant un niveau de risque très peu élevé.

Hôpitaux, autoroutes, réseaux ferrés ou de production électrique… les infrastructures sont vitales à nos besoins fondamentaux. De lourds investissements sont parfois nécessaires pour les entretenir, les développer. Financés par la mise en place de contrats de partenariats public-privé (PPP) ou de délégation de service public (DSP), ces projets, bien structurés, présentent peu de risques financiers lorsque la contrepartie publique est un État comme la France.

L’attrait des énergies renouvelables

Actuellement, les liquidités coulent à flots dans ce qu’on appelle les « fonds infra »[1]. Les projets d’énergie renouvelable captent 4,3 milliards des 52 milliards d’euros sous gestion en France fin 2017 (dont 20 milliards non investis)[2]. Ces projets profitent de la dynamique de la COP21 et des ambitieux objectifs de développement affichés par l’Europe et la France. Risques faibles, montants capitalistiques importants, enjeux sociétaux et récurrence de revenus sur le long terme : le secteur intéresse les investisseurs de tout bord. Pas étonnant, si l’on sait que l’aversion au risque, la rentabilité et la finalité restent les maîtres mots dans les décisions d’investissement.

L’alternative du financement participatif

Si les « fonds infrastructures » sont de plus en plus impliqués dans les énergies renouvelables, ils ne sont pas les seuls. Les acteurs du financement participatif comme Enerfip commencent à grignoter une part (pour le moment dérisoire) de ce marché. Ce faisant, ils permettent :

– de faire baisser les taux d’intérêt avec 5 % en moyenne, contre 7 à 10 % pour les « fonds infra » et rendent ainsi les énergies renouvelables plus compétitives ;

– aux citoyens d’investir directement sur ce type de projets très recherchés, chasse gardée, il y a peu, des fonds d’investissement.

Des risques limités

Pour les énergies renouvelables, le vent, le soleil… sont gratuits. Donc, une fois le risque lié au développement éliminé, les projets en France sont très peu risqués, car :

– les coûts de construction connaissent une baisse régulière significative ;

– les performances des installations progressent constamment ;

– Il est facile de prévoir les revenus d’un projet sur 15 ans pour l’éolien et 20 ans pour le solaire. Les études préalables sont très précises ;

– le cadre règlementaire est désormais très structuré. De ce fait, il limite le risque règlementaire souvent considéré comme un des risques majeurs dans les partenariats public-privé ;

– les pouvoirs publics sont parties prenantes de ces projets. Ils interviennent via des mécanismes de soutien (compléments de rémunération ou tarifs de rachats EDF pour les projets lauréats des appels d’offres de la CRE).

Ainsi, les acteurs du financement participatif spécialisés dans les énergies renouvelables affichent à ce jour des taux de défaillance nuls. À l’inverse les plateformes généralistes de crowdfunding enregistrent des taux de défaillance de 10 à 20 %.

Guilhem, de l’équipe analyse projets

 

[1] Fonds d’investissement spécialité dans le secteur des infrastructures : ports, aéroports, autoroutes, pylônes hertziens, satellites, etc. , c’est-à-dire des actifs perçus comme peu risqués car indispensables à la vie économique.

[2] http://www.franceinvest.eu/dl.php?table=ani_fichiers&nom_file=France-Invest-Etudes-2018-Activite-Infrastructure-2017-VDEF.pdf&chemin=uploads/_afic

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