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Carnet de voyage Jour 2 · La clé des champs

En route pour ce deuxième jour ! Au programme : 90 km à vélo, la visite d’une unité de méthanisation d’exception, et un pique-nique champêtre !

Jour 2 – Un bel accueil dans le Lauragais

Aujourd’hui, nous avons rendez-vous pour visiter l’unité de méthanisation de la société Cler Verts. Et malgré les multiples péripéties d’hier, c’est une équipe au moral regonflé à bloc qui commence la journée avec une petite mise en jambe de 16 km. Nous laissons donc Beauteville derrière nous, direction Belesta-en-Lauragais !

Notre équipe avec leurs vélos lors de sa visite du projet de méthanisation pour le développement des énergies renouvelables

Nous rejoignons Jean-Luc Da Lozzo, responsable de l’unité de méthanisation, à l’écluse de Gardouch – l’une des 63 qui jalonnent le Canal du Midi. Après avoir pris le temps d’observer le passage d’un bateau, il est temps de prendre la route. Suivez le guide ! Hôte de choix, Jean-Luc nous conte l’histoire du Canal du Midi tout au long du trajet qui nous emmène jusqu’à l’unité de méthanisation, à travers les plus jolies petites routes du Lauragais.

Il est 10h30 lorsque nous arrivons sur le site. Il est pensé pour rendre accessible au grand public cette technologie encore peu connue, et Jean-Luc, avec toute la pédagogie qui le caractérise, prend le temps de nous en faire une visite très détaillée.

Encore merci infiniment à Jean-Luc et à son équipe pour leur accueil, et pour le temps qu’ils nous ont accordé ! On repart repus d’une bonne dose de science et de convivialité !

Cler Verts, la définition même de l’économie circulaire

C’est tout un écosystème qui gravite autour de ce projet de méthanisation. L’unité prévoit un épandage du digestat sur des zones agricoles situées à moins de 15km à la ronde. Elle permet le traitement de 18 000 tonnes de déchets organiques chaque année grâce aux accords d’approvisionnement signés avec des enseignes de la grande distribution situées dans la région de Toulouse.

Le projet de méthanisation, vu du drone.

Mis en service en 2016, le projet a nécessité la construction d’un bâtiment de plus de 2800 m2. Zone de réception des déchets, mélangeur, co-générateur, digesteur, fosses de stockage du digestat… il abrite tous les éléments nécessaires au fonctionnement de l’unité de méthanisation.

Au-delà de la métha, ce projet aux multiples facettes inclut également le recyclage et la valorisation du bois, ainsi qu’une centrale photovoltaïque. L’électricité produite est ensuite revendue à EDF, et la chaleur est utilisée directement par le site pour le nettoyage et le séchage de plaquettes de bois. Le circuit-court, sans compromis !

Dis Mathias, c’est quoi la méthanisation ?
Bon c’est vrai, ce concept n’évoque rien de bien sexy. Pourtant, les enchaînements d’actions qui rendent possible la production d’énergie à partir de déchets sont fascinants de complexité et d’ingéniosité… Au départ, la méthanisation est un processus naturel de dégradation des matières organiques par des bactéries en milieu anaérobie – c’est-à-dire en absence totale d’oxygène. Ce processus a lieu de manière naturelle dans l’estomac des vaches, ou encore lorsque des matières organiques se déposent au fond de l’eau. Pour la petite anecdote, c’est d’ailleurs lors de l’une de ses balades quotidiennes dans le marais que le comte et scientifique Alessandro Volta a mis le doigt sur ce phénomène et l’a nommé – sans grande originalité, on en conviendra – le “gaz des marais”.

La société Cler Verts, dont le siège social est implanté à Belesta-en-Lauragais, est spécialisée dans la gestion des déchets organiques. Au départ focalisée sur le traitement des déchets verts, bois, déchets agroalimentaires et alimentaires, Cler Verts a fait le choix, dans le cadre de son développement, de se diversifier.

Un pique-nique bucolique

Les effluves de l’unité ne nous ayant pas coupé l’appétit – parce que forcément, à l’intérieur, ça ne sent tout de même pas la rose ! -, l’équipe de Cler Verts nous donne rendez-vous pour un pique-nique convivial dans une plaine entourée de sous-bois (et de moutons). Un tel accueil sera-t-il égalé ?

Echange sur la transition énergétique et la méthanisation autour d'un pique-nique

55 km direction Carcassonne

On serait bien restés dans ce havre de paix, mais il faut continuer ! On remonte sur les vélos pour repartir en direction de Carcassonne rejoindre notre hébergement du jour.

3h plus tard, notre hôte nous accueille dans un lieu atypique : un ancien couvent réaménagé avec goût. Après un petit débrief de la journée, direction un bar à tapas pour terminer ce deuxième jour en beauté ! Parce que oui, 90km à vélo, ça n’use pas les souliers mais ça creuse. Malgré les fessiers endoloris, l’équipe est ravie de sa journée et le moral reste au beau fixe. On a hâte d’être demain !

Tu dérailles !

Énergies renouvelables et idées reçues

A quoi sert ce « gaz des marais » ?

Les intérêts de ce gaz sont multiples. Il permet une circularité des ressources : les déchets des uns deviennent des richesses pour les autres. Cette circularité peut être locale et les bénéfices pour la planète sont directs et forts. En effet, elle permet la production d’une énergie renouvelable grâce à une réutilisation des ressources de manière locale.

Mais nous pouvons citer d’autres avantages tels que :

  • la réduction des émissions de gaz à effet de serre
  • l’amélioration de la qualité des sols et de l’air
  • la production un engrais naturel, qui permet d’éviter l’utilisation d’engrais chimique
  • la création d’emplois locaux et non délocalisables

Comment fonctionne la méthanisationn?

Tout d’abord on fait entrer les déchets organiques dans une grande cuve appelée digesteur.

Cette cuve est vidée de son oxygène pour que les bactéries puissent commencer à digérer. Pour optimiser ce processus, on peut brasser la matière et contrôler la température.

Grâce aux enzymes, les molécules organiques sont “hydrolysées”, c’est-à-dire décomposées en éléments chimiques plus simples. Ils servent ensuite à la production du CO2 et du CH4. C’est ainsi que l’on obtient le fameux méthane.

Toutefois, ce gaz brut ne peut pas rejoindre le gaz de ville tel quel. Il doit auparavant être purifié grâce à plusieurs étapes de filtrations :

  • une première filtration a pour objectif de retirer les résidus volatiles les plus gros
  • une seconde, plus fine, permet de séparer le CO2 du CH4

A l’issue de ces filtrations, on obtient du biométhane pur. Ce gaz est ensuite compressé pour rejoindre le gaz de ville.

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