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Transition énergétique

Blockchain : ce maillon manquant de la transition énergétique ?

Dans le cadre du salon des énergies renouvelables Energaïa, Enerfip a organisé une conférence-cocktail sur le thème de la blockchain et de la transition énergétique.

Après une introduction de Léo Lemordant, président d’Enerfip et de Wetoken.co, vous pourrez suivre l’intervention de François Le Fevre du laboratoire LIST du Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Renouvelables.

François Sonnet nous a ensuite présenté le SolarCoin. Son intervention, réalisée en duplex en raison de blocages, n’est pas intégrée au replay.

Enfin, la dernière intervention a été réalisée par Thomas de Roquancourt, CFO (Directeur Financier) de IRENE.ENERGY.

Date de la conférence : 11 décembre 2018
Lieu de la conférence : Salon du Belvédère du Corum, Montpellier
Organisation : Léo Lemordant
Assistance technique, prise de vue et prise de son : Alexis Bohn
Montage et post-production : Alexis Bohn, Ingrid Miralles

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Éolien Financement participatif

Financement participatif : des citoyens rachètent les parts d’un parc éolien

En 2017, 239 personnes ont investi 865 000 euros afin de reprendre une partie des actions de la société qui exploite un parc de 6 éoliennes dans la Loire-Atlantique. Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir ensemble l’histoire et l’actualité de ce projet d’actionnariat participatif.

Le Parc de la Renardière : un projet de territoire

Le Parc éolien de la Renardière est un parc aujourd’hui en service. Il a été développé par la société Zéphyr sur les communes de Saint-Vincent-des-Landes et d’Issé en Loire-Atlantique (44). Le parc est porté par une société projet créée pour l’occasion en 2007 et baptisée « Parc de la Renardière ». Cette SARL a été financée par les banques Crédit Coopératif et Oséo (anciennement BPI) et compte parmi les investisseurs initiaux la LAD-SELA.

La LAD-SELA est une société d’économie mixte 1 du département de Loire-Atlantique impliquée dans l’aménagement immobilier et le développement des énergies renouvelables sur son territoire.

Mis en service en Juin 2010, le parc est composé de 6 éoliennes de 2 MW de puissance unitaire, portant ainsi la puissance totale du parc à 12 MW. Ces machines sont de marque Senvion (MM92) avec des mâts tubulaires de 100 mètres de haut et des pales de 46 mètres.
Eolien

Ouvrir l’actionnariat du Parc aux citoyens

Afin de poursuivre son objectif d’impulsion économique et d’aménagement de projet sur son territoire, la LAD-SELA a donc eu besoin de recouvrer ses fonds. Après plus de 5 ans de présence dans l’actionnariat du Parc, elle a décidé de céder ses titres, ce qui était dès le départ inscrit dans les statuts de l’entreprise.

En outre, les statuts fixaient aussi l’ambition de permettre à des citoyens d’acquérir ces titres en lieu et place de la société d’économie mixte. Pour ce faire, Zéphyr a donc eu recours au financement participatif.

Le rachat des actions de la SEM par les citoyens

Afin de réaliser cette substitution tout en assurant une gouvernance fonctionnelle et un poids important de la composante citoyenne, la création d’une structure destinée à regrouper les citoyens investisseurs dans une seule et même entité semblait la solution la plus pertinente. Ainsi est née la « Société Citoyenne Vincentaise ».

Les investisseurs sont donc directement devenus actionnaires de cette société citoyenne. Cette dernière s’est substituée à la LAD-SELA en rachetant ses titres de participations dans la société « Parc de la Renardière ».

Pour y voir un peu plus clair sur le rachat des parts
Pour y voir un peu plus clair

Un an après, escalade des éoliennes et première AG d’actionnaires

L’Assemblée Générale de la Société Citoyenne Vincentaise, constituée autour des investisseurs Enerfip, s’est tenue vendredi 26 octobre 2018.

Dans un premier temps, à 11h, les douze personnes qui l’ont souhaité ont pu monter dans les éoliennes. Cette visite originale a été organisée par Zéphyr et son équipe de maintenance. Équipés de baudriers et de pare-chutes, les participants se sont hissés sur une échelle de 100 mètres par groupe de 5 après avoir pris connaissance des consignes énoncées par Christian Briard, gérant de Zéphyr. Tous ont réussi à monter puis redescendre.

« une fois arrivés en haut, le côté brumeux de la météo donnait un aspect encore plus spectaculaire à la vue » – Sylvain, actionnaire de la SCV

Dans la nacelle, une explication technique sur le fonctionnement du rotor, du multiplicateur ou encore du générateur a été proposée. Ensuite, les visiteurs ont atteint le sommet grâce à une trappe menant sur la nacelle. Sylvain témoigne : « une fois arrivés en haut, le côté brumeux de la météo donnait un aspect encore plus spectaculaire à la vue ». Sébastien le directeur financier d’Enerfip y a participé et a lui aussi trouvé la « vue à couper le souffle, sensations garanties à 100m de haut sur une nacelle de huit mètres carrés ».

« vue à couper le souffle, sensations garanties à 100m de haut sur une nacelle de huit mètres carrés » – Sébastien, Directeur Financier d’Enerfip

A 13h, l’aventure s’est poursuivie par un déjeuner à La Pile d’Assiettes, un charmant restaurant situé à proximité du site.

L’Assemblée Générale a débuté à 14h, réunissant une dizaine d’actionnaires. Elle a été introduite par une présentation des résultats du parc par son gérant. Abordée ensuite, la présentation du rapport de gestion, des résultats puis des résolutions de la Société Citoyenne Vincentaise. Les résolutions proposées ont été votées à l’unanimité par les actionnaires présents. Avant de conclure l’AG, Enerfip a répondu aux nombreuses questions des actionnaires au sujet par exemple de la fiscalité des dividendes ou des possibilités de sortie.

Les retours des actionnaires de la Société Citoyenne Vincentaise ont été très positifs, en particulier concernant l’impressionnante échappée au sommet des éoliennes.

Visite des éoliennes du Parc de la Renardière

Merci à Sylvain pour nous avoir gracieusement octroyé le droit d’utiliser et de diffuser ses clichés.

À la rédaction : Alexis


Enerfip

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Changement climatique Transition énergétique

Changement climatique : et si on parlait de solutions ?

Le changement climatique est sur toutes les lèvres et au bout de tous les doigts qui tapent sur leur clavier. Avec la publication du rapport alarmiste du GIEC, on parle des dérèglements climatiques comme d’une menace, mais en réalité ses conséquences sont déjà présentes et certaines même passées. Pourtant qu’il existe des solutions efficaces et durables.




Lutter contre le dérèglement climatique au quotidien

La cause majeure des dérèglements climatiques est l’émission excessive de gaz à effet de serre, ce qui explique pourquoi nous entendons couramment le terme trop restrictif de « réchauffement climatique ». Il existe des actions simples que nous pouvons tous mettre en oeuvre quotidien et qui permettraient à grande échelle de réduire notre impact.

Adopter des modes de transport plus responsables

Par exemple privilégier des transports doux comme la marche, le vélo, les transports en commun plutôt que la voiture pour les trajets courts. Préférer le train, le bus ou le covoiturage plutôt que l’avion ou la voiture pour les trajets longs. Selon les données du recensement opéré par l’INSEE, 58% des français habitant à moins d’un kilomètre de leur domicile s’y rendent en voiture6.

En matière de réchauffement climatique, le problème des transports réside dans l’émission des gaz à effet de serre. Mais celui-ci est intrinsèquement lié au choix des carburants exclusivement borné à des dérivés de pétrole. En plus d’être extrêmement polluants, ces carburants contribuent à l’épuisement d’une ressource fossile.

L’électrique, une opportunité à saisir intelligemment

Opter pour un mode de transport électrique est déjà un premier pas aux effets considérables.

EDIT : Comme nous l’a fait remarquer l’un de nos précieux lecteurs, il est utile de préciser davantage notre propos afin d’élargir l’horizon de cette alternative. En effet, il nous fait remarquer que les véhicules H2 (hydrogène) sont également mus par des moteurs électriques (mélange H2+O2 dans une Pile à Combustible). Il serait donc plus correct de préciser qu’il existe des véhicules électriques avec une batterie mais également des véhicules électriques avec un réservoir H2 et une PAC !

Mais ce n’est pas une formule magique. Si la question des émissions (du véhicule) est éliminée, il reste quelques points noirs. En effet, dans le cas de la France, la majorité de l’électricité reste produite par le nucléaire, ce qui nous fait passer d’une menace à une autre, mais aussi d’une énergie extrêmement polluante à une autre. Néanmoins, l’essentiel des énergies renouvelables est constitué par l’électricité.

Contrairement au nucléaire, les énergies renouvelables sont produites de façon beaucoup plus décentralisée en France. Cela a pour effet de rapprocher les points de production et de consommation, de permettre aux habitants de s’associer au processus de production, mais aussi de créer plus d’emploi dans davantage de zones. C’est un véritable circuit-court de l’énergie auquel Enerfip a trouvé primordial d’ajouter un circuit-court de l’épargne grâce au financement participatif.

Choisir une alimentation plus responsable

Consommer moins de viande (notamment bovine) a également des effets fortement positifs :

  • D’une part, l’élevage nécessite des quantités d’eau et de consommables qui pourraient plutôt être allouées à des populations souffrant de malnutrition ;
  • D’autre part, à grande échelle, cela diminuera fortement l’élevage et donc les émissions massives de méthane qu’il engendre 7.

Après l’argument infondé des carences en protéines, c’est celui de l’emploi qui est souvent énoncé. Mais en restant honnêtes, on conclut aisément qu’acheter moins de viande en privilégiant un producteur local de qualité (labellisé ou encore certifié bio) est bénéfique à tous : environnement, emploi, santé et bien-être animal.

Dans une démarche de bilan écologique, la pollution engendrée par les élevages peut d’une certaine manière être compensée grâce aux solutions offertes par les énergies renouvelables. Les éleveurs peuvent mettre en place une système de méthanisation afin d’utiliser des matières résiduelles. C’est une économie pour eux par les deux bouts, à la fois du côté des dépenses en énergie, et des pertes de matières inexploitées.

Vers la transition

Rob Hopkins est l’auteur incontournable de la transition énergétique car il a beaucoup contribué à la démocratisation d’un modèle de transition porté par les citoyens au travers de son Manuel et de son expérience dans la ville de Totnes8. Il y démontre le lien entre changement climatique et dépendance au pétrole et propose un modèle de société plus résilient.

Résilient, cela signifie que si le pétrole disparaissait, nous aurions un modèle de société qui en serait assez indépendant pour pouvoir y survivre sans crise majeure. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, bien au contraire. Dans cette démarche de résilience, avoir recours au circuit-court et ne pas mettre tous nos oeufs dans le même panier est l’attitude la plus intelligente que nous puissions adopter, et c’est celle qui nous a poussés à choisir le secteur de l’épargne et des énergies renouvelables.

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Épargne Financement participatif Transition énergétique

Financement participatif : l’épargne responsable et rémunérée

La semaine de la finance responsable s’est achevée hier jeudi 4 octobre. Au travers d’événements essaimés partout en France, elle promeut les diverses formes d’investissement responsable telles que le financement participatif à impact social ou environnemental, la Finance Solidaire ou encore l’Investissement Socialement Responsable.

Quatre labels pour trois canaux de finance responsable

La semaine de la finance responsable [1] est portée par le Forum pour l’Investissement Responsable (FIR), une association qui soutient justement l’ISR depuis 2001. Ce dernier est devenu un label soutenu par les pouvoirs publics aux côtés du Label Transition Énergétique et Écologique pour le Climat (TEEC). Tous deux sont attribués à des fonds respectant un cahier des charges strict.

Par ailleurs, il existe le label Comité Intersyndical de l’Epargne Salariale (CIES) dédié à l’épargne salariale ou encore Finansol délivré aux placements d’épargne solidaire depuis 1997. Il existe donc bien plusieurs canaux de finance responsable que sont l’épargne salariale, l’épargne privée et l’investissement responsable.

Un intérêt croissant contrebalancé par une méconnaissance importante

La dernière étude réalisée par l’Ifop indique un gain d’intérêt de la part des épargnants pour l’impact social et environnemental de leur épargne. Si en 2017, 48% des épargnants interrogés témoignaient de cet intérêt, ce sont 63% d’entre eux qui le déclarent cette année. Une progression très encourageante pour le FIR.
En pratique, 5% des épargnants interrogés déclarent avoir investi dans un fonds d’ISR. En outre, 5% seulement se sont vu proposer d’investir dans un tel fonds par leur conseiller [2].

De surcroit, la connaissance des possibilités qui s’offrent aux épargnants est toute aussi limitée. En effet, seules six personnes sur cent (6%) en possession d’au moins un produit d’épargne savent précisément ce qu’est l’Investissement Socialement Responsable (ISR). Pourtant, 27% d’entre elles s’affirment disposées à investir en ISR. Il y a donc effectivement un travail important de promotion et d’accessibilité à réaliser [2].

13% des épargnants interrogés affirment connaître l’épargne solidaire contre 42% qui n’en auraient jamais entendu parler. Enfin concernant le financement participatif, les chiffres sont légèrement plus positifs avec 22% de connaisseurs et 36% d’épargnants n’ayant jamais entendu parler de ce type de dispositif [2].

Pourquoi votre épargne est aussi un investissement

Pour la plupart des français, l’épargne représente de l’argent non-dépensé et qui dort sur un livret bancaire, comme le livret A par exemple. Certains pourront souscrire à des produits plus complexes comme une assurance-vie ou un plan d’épargne logement.

Même dans ces cas, il s’agit d’un placement comportant à la fois des risques et une rémunération. Au-delà, on peut même oser dire qu’il s’agit d’un investissement car cet argent servira par ailleurs à votre banque pour financer des projets sur lesquels vous n’avez pas forcément beaucoup de visibilité.

En témoignent les campagnes activistes en direction des clients de la société Générale dont sont décriés les nombreux investissements jugés irresponsables dans des projets d’énergie fossiles [3].

Il existe toutefois dans le domaine bancaire classique des solutions plus orientées comme par exemple le Livret Développement Durable et Solidaire ou les produits de la Nef ou du Crédit Coopératif.

Le financement participatif, un placement accessible, engagé et qui rapporte

Contrairement aux représentations communes, l’investissement est une action très accessible. Mais en plus, il peut sans paradoxe rapporter tout en étant engagé.

Si le financement participatif est bien connu sous la forme du crowdfunding reward, c’est-à-dire d’un don en échange d’une contrepartie, le crowdlending et l’equity crowdfunding sont moins connus et plus impliquants.
En effet, le prêt participatif (crowdlending) permet à un porteur de projet de se financer par la dette auprès d’une foultitude de personnes comme vous et moi. L’avantage pour lui est de constituer une véritable communauté qui peut par ailleurs s’avérer être un argument de poids auprès de financeurs bancaires par exemple. L’avantage pour le tout-un-chacun qui le finance, c’est qu’il prête de l’argent, et qu’il perçoit donc des intérêts tout en soutenant un projet qui a du sens pour lui !

Chez Enerfip, plusieurs milliers de personnes investissent de 10 euros à 50 000 euros dans des projets photovoltaïques, biomasse ou éoliens d’énergies renouvelables. Avec une rémunération nettement plus intéressante que n’importe quel livret bancaire, chacun peut faire fructifier ses économies tout en soutenant la transition de l’énergie française vers une production plus respectueuse de l’environnement, moins centralisée et plus territoriale.
Ce dernier point a pour conséquence positive de créer de l’emploi et de l’activité dans de nombreuses zones géographiques partout en France, notamment dans les secteurs ruraux.

Dans le cadre du financement des énergies renouvelables, le risque est également très minimisé par un encadrement des projets aussi strict que celui qui s’applique aux plateformes spécialisées dans le prêt et l’equity.

Comment le financement participatif responsabilise la production d’énergie

Pour les analystes de Xerfi [4], le financement participatif deviendra bientôt un incontournable du développement des projets de production énergétique. En effet, la Commission de Régulation de l’Energie œuvre dans ce sens puisque tous les projets menés sous sa houlette sont incités à effectuer en amont une collecte en financement participatif sur le territoire d’implantation de l’infrastructure.

Cette incitation est efficace puisqu’elle est récompensée par une augmentation du prix d’achat de l’électricité une fois l’installation mise en production. Vous vous direz peut-être que cette attitude est donc uniquement motivée par l’appât du gain, et vous aurez parfois raison.

Néanmoins, il s’agit d’un dispositif intelligent puisqu’il contraint les porteurs de projets d’informer la population résidente du territoire. Mécaniquement, celle-ci se retrouve impliquée dans un processus de concertation beaucoup plus démocratique.

Références

[1] Accéder au site de la SdlFR >>

[2] L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. 87% des personnes interrogées déclarent posséder un produit d’épargne. Accéder au site de l’enquête >>

[3] Amis de la Terre. Accéder à la source >>

[4] Xerfi Percepta, Le financement des énergies renouvelables à l’horizon 2023, août 2018, 223 p.

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Éolien Transition énergétique

La première éolienne flottante gonfle les voiles de l’éolien en mer français

Ce mardi 18 septembre, la mise en service de la première éolienne flottante française a marqué l’entrée de l’hexagone dans l’océan d’opportunités que représente l’éolien en mer.

Amorcé en 2013, le projet baptisé « Floatgen » a été implanté sur un site exploité par l’École Centrale de Nantes au large des côtes du Croisic en Loire-Atlantique. Désormais en production et raccordée au réseau depuis mardi 18 septembre, l’installation permettra d’alimenter en électricité environ 5000 habitants. De quoi couvrir l’équivalent de la population du  Croisic et ses alentours.

Floatgen : une technologie innovante

Dans le détail, l’éolienne flottante culmine à 100 mètres de haut et cache dans sa nacelle  une turbine de 2MW. Elle a été érigée sur un flotteur jaune de 5000 tonnes en béton creux conçu par la start-up Ideol et réalisé par Bouygues TP. À la fois flexibles et résistants à la corrosion, des câbles en nylon fixés à 33 mètres sous le niveau de l’eau ancrent l’installation à 22km des côtes [1].

La France entre enfin dans l’éolien en mer

La France s’était engagée au niveau européen à atteindre l’objectif de 6 000 MW pour l’éolien en mer d’ici 2020. Pourtant, on ne compte toujours aucun parc éolien dans les eaux de l’hexagone dont l’espace maritime de 11 millions de kilomètres carrés est le deuxième au monde [2].

Jusqu’ici, la barque a tangué pour l’éolien en mer français. Les promoteurs des six premiers parcs attribués à la suite des appels d’offres de 2011 et 2013 ont dû braver les vents contraires portés par les multiples recours. Néanmoins, le Président de la République les a finalement confirmés à l’occasion de l’un de ses déplacements en Bretagne le 20 juin 2018. En crête de vague des bénéfices économiques qu’en retirent les territoires concernés : 15 000 emplois annoncés [3].

À la recherche des Méga Watts perdus

Ces premiers parcs programmés en façade atlantique viendront amorcer le déploiement de l’éolien en mer français. Toutefois, l’objectif d’un éolien offshore à 6 000 MW pour 2020 ne sera pas atteint puisque les parcs mis en service d’ici là ne permettront d’en produire que la moitié, soit 3 000 MW [4].

Mais le Syndicat des Énergies Renouvelables reste confiant puisqu’il estime à la fois prudent et réaliste de fixer un objectif de 15 000 MW d’ici 2030. Notons que cette perspective ne concerne que l’éolien posé sur fond marin, dont le potentiel est limité. En effet, les mâts des éoliennes ne peuvent être implantés qu’à une profondeur de moins de 50 mètres [5].

L’éolien offshore flottant étend donc significativement ce potentiel puisque les parcs flottants repoussent de la barrière des 50 mètres dans une limite raisonnable liée au raccordement vers le continent. Même si cette technologie n’est pas aussi éprouvée que l’offshore fixe, l’entrée en production de « floatgen » entend marquer une avancée dans ce domaine. En outre, des parcs flottants voient déjà leur mise en service programmée dès 2021. C’est le cas d’EolMed dont la ferme pilote de 4 turbines d’une puissance totale de 24,6 MW couvrira la consommation électrique annuelle de 50 000 habitants [6].

EolMed a d’ailleurs eu recours au financement participatif sur Enerfip pour le lancement de la ferme pilote.

L’éolien offshore : une source d’énergie de premier plan en Europe d’ici 2030

Il paraît donc plus que plausible d’atteindre l’objectif des 15 000 MW fixé par le SER. On le retrouve dans le rapport de l’Association Européenne de l’Energie Éolienne (EWEA). Selon le scénario le plus optimiste, l’éolien en mer devrait pouvoir répondre à la demande européenne en énergie à hauteur de 11,3% d’ici 2030 [7].

Sources

[1] Idéol, Démonstrateur Floatgen, (source).

[2] Syndicat des Énergies Renouvelables, L’éolien en mer, ENR.fr, consulté le 27 septembre 2018, (source).

[3] Syndicat des Énergies Renouvelables, Eolien en mer, le chef de l’État confirme la concrétisation des six premiers parcs, ENR.fr, 20 juin 2018, (source).

[4] Syndicat des Énergies Renouvelables, Une feuille de route pour l’éolien en mer : 15 000 MW en 2030, Paris : SER, 12 p.

[5] ibidem.

[6] EolMed, Le projet : le parc pilote, (source).

[7] European Wind Energy Association, Wind Energy Scenarios for 2030, EWEA : août 2015, 16 p. (p. 7)