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Éolien Financement participatif

Financement participatif : des citoyens rachètent les parts d’un parc éolien

En 2017, 239 personnes ont investi 865 000 euros afin de reprendre une partie des actions de la société qui exploite un parc de 6 éoliennes dans la Loire-Atlantique. Nous vous proposons aujourd’hui de découvrir ensemble l’histoire et l’actualité de ce projet d’actionnariat participatif.

Le Parc de la Renardière : un projet de territoire

Le Parc éolien de la Renardière est un parc aujourd’hui en service. Il a été développé par la société Zéphyr sur les communes de Saint-Vincent-des-Landes et d’Issé en Loire-Atlantique (44). Le parc est porté par une société projet créée pour l’occasion en 2007 et baptisée « Parc de la Renardière ». Cette SARL a été financée par les banques Crédit Coopératif et Oséo (anciennement BPI) et compte parmi les investisseurs initiaux la LAD-SELA.

La LAD-SELA est une société d’économie mixte 1 du département de Loire-Atlantique impliquée dans l’aménagement immobilier et le développement des énergies renouvelables sur son territoire.

Mis en service en Juin 2010, le parc est composé de 6 éoliennes de 2 MW de puissance unitaire, portant ainsi la puissance totale du parc à 12 MW. Ces machines sont de marque Senvion (MM92) avec des mâts tubulaires de 100 mètres de haut et des pales de 46 mètres.
Eolien

Ouvrir l’actionnariat du Parc aux citoyens

Afin de poursuivre son objectif d’impulsion économique et d’aménagement de projet sur son territoire, la LAD-SELA a donc eu besoin de recouvrer ses fonds. Après plus de 5 ans de présence dans l’actionnariat du Parc, elle a décidé de céder ses titres, ce qui était dès le départ inscrit dans les statuts de l’entreprise.

En outre, les statuts fixaient aussi l’ambition de permettre à des citoyens d’acquérir ces titres en lieu et place de la société d’économie mixte. Pour ce faire, Zéphyr a donc eu recours au financement participatif.

Le rachat des actions de la SEM par les citoyens

Afin de réaliser cette substitution tout en assurant une gouvernance fonctionnelle et un poids important de la composante citoyenne, la création d’une structure destinée à regrouper les citoyens investisseurs dans une seule et même entité semblait la solution la plus pertinente. Ainsi est née la « Société Citoyenne Vincentaise ».

Les investisseurs sont donc directement devenus actionnaires de cette société citoyenne. Cette dernière s’est substituée à la LAD-SELA en rachetant ses titres de participations dans la société « Parc de la Renardière ».

Pour y voir un peu plus clair sur le rachat des parts
Pour y voir un peu plus clair

Un an après, escalade des éoliennes et première AG d’actionnaires

L’Assemblée Générale de la Société Citoyenne Vincentaise, constituée autour des investisseurs Enerfip, s’est tenue vendredi 26 octobre 2018.

Dans un premier temps, à 11h, les douze personnes qui l’ont souhaité ont pu monter dans les éoliennes. Cette visite originale a été organisée par Zéphyr et son équipe de maintenance. Équipés de baudriers et de pare-chutes, les participants se sont hissés sur une échelle de 100 mètres par groupe de 5 après avoir pris connaissance des consignes énoncées par Christian Briard, gérant de Zéphyr. Tous ont réussi à monter puis redescendre.

« une fois arrivés en haut, le côté brumeux de la météo donnait un aspect encore plus spectaculaire à la vue » – Sylvain, actionnaire de la SCV

Dans la nacelle, une explication technique sur le fonctionnement du rotor, du multiplicateur ou encore du générateur a été proposée. Ensuite, les visiteurs ont atteint le sommet grâce à une trappe menant sur la nacelle. Sylvain témoigne : « une fois arrivés en haut, le côté brumeux de la météo donnait un aspect encore plus spectaculaire à la vue ». Sébastien le directeur financier d’Enerfip y a participé et a lui aussi trouvé la « vue à couper le souffle, sensations garanties à 100m de haut sur une nacelle de huit mètres carrés ».

« vue à couper le souffle, sensations garanties à 100m de haut sur une nacelle de huit mètres carrés » – Sébastien, Directeur Financier d’Enerfip

A 13h, l’aventure s’est poursuivie par un déjeuner à La Pile d’Assiettes, un charmant restaurant situé à proximité du site.

L’Assemblée Générale a débuté à 14h, réunissant une dizaine d’actionnaires. Elle a été introduite par une présentation des résultats du parc par son gérant. Abordée ensuite, la présentation du rapport de gestion, des résultats puis des résolutions de la Société Citoyenne Vincentaise. Les résolutions proposées ont été votées à l’unanimité par les actionnaires présents. Avant de conclure l’AG, Enerfip a répondu aux nombreuses questions des actionnaires au sujet par exemple de la fiscalité des dividendes ou des possibilités de sortie.

Les retours des actionnaires de la Société Citoyenne Vincentaise ont été très positifs, en particulier concernant l’impressionnante échappée au sommet des éoliennes.

Visite des éoliennes du Parc de la Renardière

Merci à Sylvain pour nous avoir gracieusement octroyé le droit d’utiliser et de diffuser ses clichés.

À la rédaction : Alexis


Enerfip

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Éolien Transition énergétique

La première éolienne flottante gonfle les voiles de l’éolien en mer français

Ce mardi 18 septembre, la mise en service de la première éolienne flottante française a marqué l’entrée de l’hexagone dans l’océan d’opportunités que représente l’éolien en mer.

Amorcé en 2013, le projet baptisé « Floatgen » a été implanté sur un site exploité par l’École Centrale de Nantes au large des côtes du Croisic en Loire-Atlantique. Désormais en production et raccordée au réseau depuis mardi 18 septembre, l’installation permettra d’alimenter en électricité environ 5000 habitants. De quoi couvrir l’équivalent de la population du  Croisic et ses alentours.

Floatgen : une technologie innovante

Dans le détail, l’éolienne flottante culmine à 100 mètres de haut et cache dans sa nacelle  une turbine de 2MW. Elle a été érigée sur un flotteur jaune de 5000 tonnes en béton creux conçu par la start-up Ideol et réalisé par Bouygues TP. À la fois flexibles et résistants à la corrosion, des câbles en nylon fixés à 33 mètres sous le niveau de l’eau ancrent l’installation à 22km des côtes [1].

La France entre enfin dans l’éolien en mer

La France s’était engagée au niveau européen à atteindre l’objectif de 6 000 MW pour l’éolien en mer d’ici 2020. Pourtant, on ne compte toujours aucun parc éolien dans les eaux de l’hexagone dont l’espace maritime de 11 millions de kilomètres carrés est le deuxième au monde [2].

Jusqu’ici, la barque a tangué pour l’éolien en mer français. Les promoteurs des six premiers parcs attribués à la suite des appels d’offres de 2011 et 2013 ont dû braver les vents contraires portés par les multiples recours. Néanmoins, le Président de la République les a finalement confirmés à l’occasion de l’un de ses déplacements en Bretagne le 20 juin 2018. En crête de vague des bénéfices économiques qu’en retirent les territoires concernés : 15 000 emplois annoncés [3].

À la recherche des Méga Watts perdus

Ces premiers parcs programmés en façade atlantique viendront amorcer le déploiement de l’éolien en mer français. Toutefois, l’objectif d’un éolien offshore à 6 000 MW pour 2020 ne sera pas atteint puisque les parcs mis en service d’ici là ne permettront d’en produire que la moitié, soit 3 000 MW [4].

Mais le Syndicat des Énergies Renouvelables reste confiant puisqu’il estime à la fois prudent et réaliste de fixer un objectif de 15 000 MW d’ici 2030. Notons que cette perspective ne concerne que l’éolien posé sur fond marin, dont le potentiel est limité. En effet, les mâts des éoliennes ne peuvent être implantés qu’à une profondeur de moins de 50 mètres [5].

L’éolien offshore flottant étend donc significativement ce potentiel puisque les parcs flottants repoussent de la barrière des 50 mètres dans une limite raisonnable liée au raccordement vers le continent. Même si cette technologie n’est pas aussi éprouvée que l’offshore fixe, l’entrée en production de « floatgen » entend marquer une avancée dans ce domaine. En outre, des parcs flottants voient déjà leur mise en service programmée dès 2021. C’est le cas d’EolMed dont la ferme pilote de 4 turbines d’une puissance totale de 24,6 MW couvrira la consommation électrique annuelle de 50 000 habitants [6].

EolMed a d’ailleurs eu recours au financement participatif sur Enerfip pour le lancement de la ferme pilote.

L’éolien offshore : une source d’énergie de premier plan en Europe d’ici 2030

Il paraît donc plus que plausible d’atteindre l’objectif des 15 000 MW fixé par le SER. On le retrouve dans le rapport de l’Association Européenne de l’Energie Éolienne (EWEA). Selon le scénario le plus optimiste, l’éolien en mer devrait pouvoir répondre à la demande européenne en énergie à hauteur de 11,3% d’ici 2030 [7].

Sources

[1] Idéol, Démonstrateur Floatgen, (source).

[2] Syndicat des Énergies Renouvelables, L’éolien en mer, ENR.fr, consulté le 27 septembre 2018, (source).

[3] Syndicat des Énergies Renouvelables, Eolien en mer, le chef de l’État confirme la concrétisation des six premiers parcs, ENR.fr, 20 juin 2018, (source).

[4] Syndicat des Énergies Renouvelables, Une feuille de route pour l’éolien en mer : 15 000 MW en 2030, Paris : SER, 12 p.

[5] ibidem.

[6] EolMed, Le projet : le parc pilote, (source).

[7] European Wind Energy Association, Wind Energy Scenarios for 2030, EWEA : août 2015, 16 p. (p. 7)

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Éolien

Éolien : après l’incertitude, fendre le vent !

Après sept mois de blocage, les professionnels du secteur apparaissent confiants. Si des centaines de projets de parcs éoliens sont menacés, un récent projet de décret gouvernemental fait souffler un vent d’optimisme. Pour France énergie éolienne, l’exécutif doit accélérer pour ne pas compromettre les objectifs de la transition énergétique.

Depuis décembre 2017, les professionnels de l’éolien font face à des vents contraires. L’annulation par le Conseil d’État (décisions du 6 et du 28 décembre) des décrets réformant l’autorité environnementale empêche toute décision administrative sur les projets de parcs éoliens. Aux yeux de la plus haute instance juridique administrative, le préfet ne peut pas être juge et partie. Être l’autorité environnementale qui valide les études d’impact et à la fois l’autorité qui in fine autorise la construction du projet. Légitime au regard du droit européen, la décision du Conseil d’État n’en paralyse pas moins l’appareil administratif jusqu’à aujourd’hui.

Appel d’offres en souffrance

Cette situation n’est pas sans conséquence sur le dernier appel d’offres éolien. Sur les 500 MW attribués par l’État, pas plus de 300 MW de projets ont postulé selon France énergie éolienne (FEE). L’explication est simple : pour candidater, les projets devaient avoir obtenu leurs autorisations. Or, en l’absence d’autorité environnementale, les projets ne pouvaient pas obtenir d’autorisation, ils ne pouvaient donc pas candidater. Pour Olivier Perot, président de France énergie éolienne «cette situation est d’autant plus regrettable que, lors du 1er appel d’offres dont le succès a été salué par le gouvernement, la filière éolienne a fait la preuve de sa capacité à assimiler rapidement les nouveaux mécanismes d’attribution et de sa maturité économique. »

Nouveau décret à promulguer

Depuis décembre 2017, le porte-parole historique des professionnels de l’énergie éolienne assure être en contact avec Matignon et le ministère de la Transition écologique et solidaire pour trouver une solution. Hasard du calendrier, un projet de décret a été publié quelques jours avant la montée au créneau de la FEE. Le nouveau texte prévoit de nommer les missions régionales d’autorité environnementale comme instance de validation des études d’impact. Les préfets de régions ne prendraient plus que la décision définitive d’autorisation des projets.

Rattraper le temps perdu

Actuellement soumis à la consultation publique, le futur décret ne devrait pas être promulgué avant plusieurs mois. Un délai qui inquiète France énergie éolienne. « Il est impératif que l’exécutif permette d’accélérer le traitement des dossiers bloqués », souligne Olivier Perot. « Nous estimons qu’au moins 170 projets éoliens représentant plus de 3 GW sont actuellement à l’arrêt. » L’association des professionnels de l’éolien rappelle que la filière a besoin de visibilité et de stabilité pour respecter les objectifs de la transition énergétique. Si les 1,2 nouveaux GW prévus en 2018 devraient être atteints, rien n’est moins sûr pour les années à venir. Compte tenu des délais de développement d’un projet (5 à 7 ans), le blocage actuel devrait retarder les volumes installés à l’horizon 2020-2021 assure la FEE.

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web

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Éolien Transition énergétique

Fondations des éoliennes : revoir les bases

C’est l’un des arguments préférés de ceux qui s’opposent aux projets éoliens : l’impact irréversible d’une « bétonisation » des sols. Pas de chance, il existe des réponses… « béton » !

Depuis 2011, l’arrêté n° 0198 du ministère de l’Écologie encadre fortement la remise en état des sites éoliens en fin de vie. Tout doit être démonté. Les sols, abritant les fondations, doivent être excavés sur une profondeur comprise entre 30 cm et 2 mètres selon leurs usages finaux. Dans tous les cas, les terres originelles doivent être remplacées par des « terres de caractéristiques comparables », ce qui vaut aussi pour les chemins d’accès aux éoliennes.

De plus, le financement de ces opérations doit être obligatoirement provisionné par le propriétaire du parc à hauteur de 50 000 euros par éolienne.

Économie circulaire 

Mais ce n’est pas tout ! Le béton et l’acier des fondations sont intégralement enlevés, éliminés ou recyclés. Ses opérations sont détaillées dans un article récent du journal de l’environnement. Samuel Neuvy, responsable développement du groupe Quadran (filiale renouvelable de Direct Energie) explique les pratiques vertueuses appliquées sur le parc éolien de Goulien, dans le Finistère, et appelées à se généraliser. Entièrement concassé, le béton est recyclé en granulats tandis que les métaux sont récupérés par un ferrailleur. Les projets éoliens n’ont pas attendu la feuille de route du gouvernement pour s’inscrire dans l’économie circulaire.

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web