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Changement climatique Transition énergétique

Pour une nouvelle économie… climatique !

Création d’emploi, croissance verte, inclusion sociale, les dernières modélisations soulignent les avantages d’une économie neutre en carbone. Les bénéfices d’une transition écologique et énergétique réussie peuvent être plus importants que prévu.

« Changeons de modèle, pas de climat » pourrait être le slogan appelant à engager notre économie sur la voie de la décarbonation. En la matière, l’horizon fixé par l’Accord de Paris est d’atteindre la neutralité carbone d’ici 30 ans. Toutefois, le rythme des transformations n’est pas assez soutenu. C’est ce que souligne le dernier rapport de la commission mondiale de l’énergie et du climat. Ses experts chiffrent les bénéfices d’un changement de modèle à 26 000 milliards $ et 65 millions d’emplois dans l’économie globale[1]. Parmi les politiques publiques préconisées : la suppression des subventions aux énergies fossiles ou bien encore une tarification carbone efficace comprise entre 40 et 80 $ la tonne[2]. Le rapport défend également une accélération des investissements dans les infrastructures durables, notamment dans les énergies renouvelables. En Europe, le secteur crée déjà des emplois non délocalisables qui soutiennent les économies des territoires et des régions. C’est donc à cette échelle que d’intéressants travaux de prospective sont réalisés.

Croissante verte des territoires

En France, l’ADEME[3] conduit des études pour mesurer les effets économiques de la transition énergétique. À l’échelle des régions Hauts-de-France et Occitanie, des modélisations économiques basées sur des scénarios différents soulignent les gains sectoriels et macroéconomiques. Ainsi, dans les Hauts-de-France, le nombre d’emplois[4]liés au développement des énergies renouvelables serait multiplié par deux d’ici 10 ans et par quatre d’ici 30 ans[5]. La région Occitanie, dans le cadre d’un objectif « Région à énergie positive » (RéPOS), connaitrait, elle aussi, des effets macroéconomiques positifs. Le PIB pourrait être augmenté de 2 % d’ici une dizaine d’années et 3,9 % d’ici 30 ans, avec 90 000 emplois supplémentaires, et une réduction de 56 % de la facture énergétique des ménages[6]. Au final, ces politiques seraient largement positives sur les plans écologique, économique et social.

Mobilité plus vertueuse

Pour illustrer les gains de la mise en place de politiques volontaristes, la Fondation européenne pour le climat vient de publier un rapport sur l’impact socio-économique d’une décarbonation des poids lourds[7]. Sur la base de scénarios de mise en circulation de poids lourds « zéro émission » (hydrogène, biogaz, électrique), la transition fait apparaître « de fortes réductions d’émissions de CO2, des réductions de coûts pour les transporteurs et des gains nets en valeur ajoutée et en emploi pour l’économie européenne » précisent les auteurs du rapport. Ainsi, plus de 120 000 emplois pourraient être créés d’ici 2030, tandis que la croissance économique serait stimulée à hauteur de 0,24 % d’ici 30 ans. Bien entendu, ce scénario éviterait une augmentation de nos émissions de gaz à effets de serre (GES) évaluée à 14 % d’ici une vingtaine d’années, avec les conséquences que l’on sait sur les dérèglements climatiques déjà en cours. Voilà pourquoi la Commission européenne a pour objectif de réduire de 60 % les GES d’ici 30 ans dans les transports routiers avec des normes spécifiques pour les poids lourds[8].

Soutenir les perdants

Pour autant, la mise en œuvre d’une transition écologique et énergétique réussie implique des mesures pour celles et ceux qui en seront les  « victimes ». Car si l’effet d’une transition énergétique soutenu est globalement positif en matière d’emploi par exemple, certains pans d’activités économiques vont voir des destructions d’emplois intervenir. Les conséquences de politiques publiques volontaristes peuvent condamner certains secteurs, voire les fragiliser. La programmation des fermetures de centrales à charbon peut en être une illustration, le renchérissement de la taxe carbone et ses impacts sur des secteurs très dépendants des énergies fossiles, une autre. De ce fait, des transformations vont intervenir et la gestion d’une « destruction créatrice » s’avère nécessaire. Accompagner les territoires, les entreprises et les individus qui se retrouveront du côté des « perdants » de la transition énergétique, c’est d’ores et déjà réfléchir à la reconversion des emplois concernés vers des filières en développement.

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web

[1] Unlocking the inclusive growth story of the 21st century: accelerating climate action in urgent times, The Global Commission on the Economy and Climate, août 2018.

[2] En avril 2018, le prix à la tonne est de 13 € 82 en Europe. Source du think tank Carbon Tracker.

[3] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

[4] Emplois directs, indirects et/ou induits (ceux créés dans le reste de l’économie à la fois par les dépenses des employés des secteurs de l’économie verte et par les économies d’énergie entraînées par la politique climat-énergie auprès des ménages et des entreprises).

[5] De 7 000 emplois en 2015 à 31 000 emplois en 2050. Source ADEME&VOUS La lettre stratégie, N°56, septembre 2018.

[6] Source ADEME&VOUS La lettre stratégie, N°56, septembre 2018.

[7] Trucking into a Greener Future, European Climate Foundation, septembre 2018.

[8] Proposition de règlement du parlement européen et du conseil établissant des normes de performance en matière d’émissions de CO2 pour les nouveaux véhicules lourds, Commission Européenne, mai 2018

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Changement climatique Solaire Transition énergétique

Agrivoltaïque : l’énergie solaire, ça se cultive !

Marier agriculture et énergie solaire, c’est possible. Par un partage intelligent de la lumière, l’agrivoltaïque permet de répondre à plusieurs défis : les effets du changement climatique sur les cultures agricoles et les conflits d’usage sur le foncier. Éclairage !

L’idée a germé en 1982[1], alors que le premier parc solaire voyait le jour en Californie. L’essor du photovoltaïque rencontre des limitations d’implantations. Soumise à des normes strictes, la construction des centrales ne doit pas se faire sur des terrains agricoles. Au mieux, le foncier doit intégrer une mixité d’usage (agropastoralisme par exemple). C’est notamment pour répondre aux enjeux des conflits d’usage des sols que des programmes de recherche sur l’agrivoltaïque ont émergé.

Solution d’avenir ?

En France, voilà près de dix ans que chercheurs de l’INRA[2] et industriels de Sun’R développent des solutions innovantes autour de l’agrivoltaïque. Nom de code du programme : Sun’Agri. Les systèmes mis en place s’inspirent des cultures en étages (plusieurs espèces sont cultivées sur différents niveaux). Dans l’agrivoltaïque, l’étage supérieur est celui qu’occupent les panneaux solaires. Les travaux de recherche ont démontré qu’il était possible d’obtenir des rendements agricoles équivalents, voire supérieurs à ceux en plein champ, avec des systèmes de persiennes contrôlant les moments d’ombrage. Ces solutions innovantes, notamment par le pilotage dynamique des panneaux solaires, le gouvernement a décidé de les soutenir en augmentant de 30 % les volumes des appels d’offres pour l’agrivoltaïsme [3].

Coup de chaud à venir

Réduire l’apport de la luminosité peut aussi servir à lutter contre les effets des changements climatiques sur les cultures. Car si les températures excessives altèrent déjà les productions, d’ici la fin du siècle les simulations sont inquiétantes. Sous l’effet du stress hydrique, thermique et de cycles de maturation plus courts, les rendements pourraient chuter de 35 %[4] pour le vignoble méditerranéen. Il faut donc développer des solutions qui introduisent de profonds changements dans les pratiques pour une meilleure adaptabilité aux effets climatiques déjà à l’œuvre.

De la dynamique !

C’est le pari fait par un viticulteur des Pyrénées-Orientales. À Tresserre, cinq hectares du domaine de Nidolères font l’objet d’une expérience unique au monde. En application du programme Sun’Agri, les panneaux solaires sont mobiles et pilotés à distance par des algorithmes conçus par Sun’R. L’objectif est d’accompagner au mieux la maturité des grains, conserver leurs arômes, éviter qu’ils ne soient brulés par le soleil et obtenir in fine des vins de meilleure qualité. La production énergétique passe au second plan, le « bien-être » et la production des plantes sont privilégiés. Une solution que Sun’R souhaite également appliquer aux serres photovoltaïques dont l’ombrage serait piloté à chaque instant par des panneaux mobiles.

Effet de serre

Les serres photovoltaïques, c’est l’autre solution permettant de concilier production énergétique et rendements agricoles. En jouant sur l’apport de luminosité, les panneaux solaires permettent d’optimiser le développement de certaines plantes, de diminuer la consommation d’eau tout en produisant de l’énergie. Plusieurs types de serres ont été développés en France depuis le début des années 2 000. Le concept d’Agriénergie® d’Akuo Energy en est une illustration. Les serres récemment développées par Tenergie le sont aussi. L’une d’elles, déjà construite à Mallemort dans les Bouches-du-Rhône, a permis une première récolte de 38 tonnes de courgettes jaunes cet été. Des études et suivis agronomiques réalisés par un organisme indépendant sont toujours en cours pour en mesurer finement les résultats. C’est d’ailleurs ce qu’impose le cahier des charges des appels d’offres de la CRE[5] sur les technologies solaires innovantes. Autre obligation : la présence de zones agricoles témoin, cultivées de la même façon, mais sans panneaux photovoltaïques pour un suivi comparatif. Des conditions à même d’éviter les effets d’aubaine et la construction de serres photovoltaïques… qui resteraient sans cultures.

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web

[1] A. GOETZBERGER et A. ZASTROW, On the Coexistence of Solar-Energy Conversion and Plant Cultivation, International Journal of Solar Energy, vol. 1, no 1, ‎ 1er janvier 1982, p. 55–69

[2] Institut national pour la recherche agronomique

[3] Plan gouvernemental « Place Au Soleil », juin 2018

[4] Boutin F, Payan JC, 2012, Viticulture et changement climatique : adaptation du vignoble méditerranéen. Innovations Agronomiques 25, p. 193-203

[5] Commission de Régulation de l’Énergie

Crédit photo : Sun’Agri

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Hydro

Petite hydroélectricité, mais gros potentiel !

Le développement de la petite hydroélectricité se confirme. Le ministère de la Transition écologique et solidaire vient de faire connaître les résultats du dernier appel d’offres. 10 des 14 projets retenus seront construits sur de nouveaux sites. Les petites centrales respectueuses de l’environnement sont promises à un très bel avenir sur nos rivières.

De l’eau est passée sous les ponts depuis la mise en place du mécanisme d’appel d’offres « petite hydroélectricité » en 2016. Avec une prévision d’augmentation de 500 à 750 MW d’ici 2023 pour l’hydroélectricité, il fallait donc poursuivre la dynamique pour tenter d’atteindre les objectifs de la Programmation pluriannuelle de l’énergie. 36,9 MW supplémentaires sont retenus au travers de 14 projets dans le cadre d’une première tranche d’appel d’offres. Deux autres suivront pour un total de 105 MW.

Auvergne-Rhône-Alpes en tête

La première région hydraulique de France est, sans surprise, la grande gagnante du dernier appel d’offres. Avec 9 projets totalisant 24,78 MW, Auvergne-Rhône-Alpes obtient plus des deux tiers des nouvelles puissances installées. Parmi les lauréats on trouve aussi bien des petites entreprises locales publiques et privées, des groupes de taille intermédiaire à l’image de l’énergéticien GEG (ville de Grenoble/Engie), que des filiales d’EDF (SHEMA). Avec 3,9 MW, la région Bourgogne-Franche-Comté obtient deux projets, suivi de l’Occitanie 3,7 MW, de la région PACA et de l’Île-de-France. À retenir aussi que le groupement Voie Navigable de France (VNF) et JMB HYDRO (filiale de Quadran) obtient trois projets pour un total de 5,4 MW.

Compétitivité économique et environnement

Les 14 projets retenus lors de ce dernier appel d’offres l’ont aussi été sur des critères de qualité environnementale. Ainsi, la Commission de régulation de l’énergie a pu, lors de sa notation, écarter les projets ne présentant pas de garanties suffisantes quant à la prise en compte de leur impact environnemental. Seuls les plus vertueux ont été sélectionnés. Autre critère important : le prix. Avec un prix moyen de 89,6 €/MW, « cet appel d’offres est la preuve que l’hydroélectricité peut concilier compétitivité économique et respect de l’environnement » souligne le ministère de la Transition écologique et solidaire. « Il conforte la première place de la filière de l’hydroélectricité comme source de production d’électricité renouvelable ».

Potentiel à exploiter

Pour continuer à rester sur la plus haute marche du podium dans le mix des énergies renouvelables, l’hydroélectricité doit pouvoir se développer davantage. Si son potentiel est évalué entre 11 et 12 TWh, soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires[1], le classement de certains cours d’eau divise de moitié le développement possible de cette source d’énergie renouvelable. Toutefois, les progrès technologiques de la petite hydroélectricité ont été significatifs. L’impact des centrales sur l’environnement a été réduit. De plus, une plus grande protection des écosystèmes, notamment pour les poissons migrateurs, a été mise en place. Reste encore à concilier davantage les modèles économiques et les exigences environnementales. À ce titre, le dernier appel d’offres de la CRE est porteur d’espoir pour la transition énergétique, la préservation de l’environnement sans oublier le patrimoine. Les petites centrales hydroélectriques ne sont-elles pas un legs à faire aux générations à venir ?

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web

[1] Source France Hydroélectricité

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Transition énergétique

Énergies marines : avec vents et marées !

Territoires majeurs de la transition énergétique, les littoraux sont un des atouts de la France dans la production d’énergies marines renouvelables. Éoliennes en mer, hydroliennes… en attendant la réalisation des premiers projets, les filières émergent et se structurent. Mais des obstacles handicapent encore leur développement. À contre-courant, la France doit désormais multiplier par dix sa puissance installée d’ici 2023.

Certes, la volonté existe. Les pouvoirs publics en ont fait la démonstration ces dernières années. Pour soutenir le développement des énergies marines, des efforts ont été faits. Mise en place de tarifs d’achats, structuration des appels d’offres, assistance de l’ADEME[1], soutien des régions envers les entreprises ont permis à la filière et à ses différents acteurs de gagner en importance. Mais avec plus de 4 500 km de côtes, la France n’a pas une seule éolienne au large. Pas encore.

Du vent dans les pales

À force de sonner le tocsin sur l’avenir de l’éolien offshore, élus locaux et industriels ont finalement été entendus. Les six projets déjà attribués sous la précédente mandature ont été récemment confirmés par Emmanuel Macron. Entre temps, l’état a renégocié à la baisse les subventions et les prix de rachat de l’électricité. À 150 € le MWh, les éoliennes en mer ne sont pas encore compétitives face aux EnR[1] terrestres, mais elles s’approchent des prix des réacteurs EPR[2] en construction au Royaume-Uni (105 €). Situés sur les façades Manche et Atlantique, les six projets représentent 3 000 MW de puissance installée, soit juste assez pour répondre aux objectifs fixés aux EMR pour 2023. Seront-ils en service à cette date ? Rien n’est moins sûr.

Acceptabilité sociale

En Manche comme sur la façade Atlantique, de nombreux recours administratifs sont déposés. Soucieux de leur ligne d’horizon ou encore des impacts sur le secteur de la pêche, les opposants freinent considérablement l’avancée des projets. En méditerranée, la situation est tout autre. Trois parcs éoliens flottants sont prévus. Mais il s’agit d’éoliennes flottantes, technologie émergente, permettant notamment de limiter l’impact visuel et environnemental. À ce jour, l’acceptabilité des projets d’éoliens flottants est en bonne voie. Ainsi, sur le projet Eolmed, le travail de concertation associé à un financement participatif pour l’étude de gisement de vents ont permis de fédérer populations et professionnels de la mer de Gruissan et Port-la-nouvelle.

Être au courant

Si le vent reste plus favorable au large que sur terre, l’hydrolien profite aussi d’une belle énergie propre aux courants marins et fluviaux. Technologie en plein essor, son développement suscite beaucoup d’intérêt. Mais comme toute filière émergente, elle connait de nombreux rebondissements. Le dernier en date : le retrait de Naval Energie[3]. Dans le sillage de Siemens et Total, le groupe quitte le navire un mois après l’inauguration de son usine de fabrication à Cherbourg. L’abandon successif de projets au large du Cotentin, associé à la décision du ministère de Nicolas Hulot de lancer une nouvelle étude sur le potentiel de l’hydrolien a fini de convaincre Naval Group de jeter l’éponge. Néanmoins, la filière reste active. Les turbines de Sabella sont en test à Fromveur-Ouessan et celles d’Hydroquest le seront début 2019 à Paimpol-Bréhat.

Montante et descendante

Les turbines sont aussi au centre d’une technologie qui cette fois a déjà fait ses preuves : l’énergie marémotrice. Le barrage de la Rance en fait la démonstration depuis 1966. Sa puissance de 240 MW couvre les besoins de 225 000 habitants. S’il en existe peu dans le monde, beaucoup de projets sont à l’étude. Parmi eux, la centrale marémotrice de Tidal Lagoon Power. Il s’agit de construire un lagon artificiel dans la baie de Swansea à 60 km de Cardiff. Par le flux et reflux des marées quotidiennes, un système d’écluses alimente des turbines durant 14 heures par jour. Seul le coût du projet, 1,3 milliard £, est un handicap. Si l’état britannique a retiré son soutien financier, une étude récente commandée par l’université de Swansea réaffirme la viabilité du projet. Le gouvernement du Pays de Galles pourrait lui permettre de sortir de l’eau.

Des vagues, de la chaleur et du sel

D’autres technologies sont à des stades moins avancés, voire exploratoires. C’est le cas de l’énergie osmotique. Le principe est d’utiliser la différence de salinité entre eau douce et eau de mer. Ce mélange, chaque jour à l’œuvre dans les estuaires, libère de l’énergie. La récupérer est ce sur quoi travaillent chercheurs et d’industriels français, car son potentiel est gigantesque. Autre voie étudiée, l’énergie thermique. Cette fois, il s’agit d’exploiter la différence de températures entre une eau des profondeurs à 5° et une eau chaude de surface à 25°. Adaptée aux zones tropicales, cette technologie est en test avec un prototype installé à la Réunion. Plus avancée enfin est l’énergie des vagues et de la houle. Si la filière est à l’arrêt en France, l’Australie est pionnière. La première centrale à vague alimentant un réseau est en service depuis 2015.

Et vous qu’en pensez-vous ?

Quelle énergie marine accélèrera la transition énergétique ? À cette question, vous avez été 47 à répondre. L’énergique attrait de la mer d’août à produit ses effets. Quand bien même, le vent l’emporte ! La moitié de des votants se prononce en faveur des éoliennes (posées ou flottantes). Logique, c’est la filière la plus avancée et celle dont les coûts sont à ce jour les plus bas. Les technologies hydroliennes, marémotrices inclues, suivent. Un quart de ceux qui ont répondu plaident en leur faveur. Récemment sous le feu des médias, l’intérêt pour ces solutions se voit confirmé. Plus surprenant est le nombre de votes en faveur de l’énergie houlomotrice : 17 %. Preuve qu’une filière française ferait sens pour certains de nos lecteurs. Enfin, la thermique des mers et l’osmotique recueillent à elles deux 8 % des votes. La confidentialité et le caractère expérimental de leur développement expliquent sans doute ce résultat.

Gisements inexploités

Avec le deuxième domaine océanique au monde, la France n’est pas à la hauteur des potentialités offertes par les énergies marines. Les ambitions politiques affichées ces dernières années sont pour l’heure enterrées sous le sable. À ce jour, si l’on excepte le barrage de la Rance (voulu par le général de Gaulle), aucun kilowattheure n’est produit par les ressources maritimes. Certes, de récentes décisions sur l’éolien offshore vont permettre de rattraper quelque peu le retard sur les objectifs à court terme. Mais au-delà ? Il faudra, à coup sûr, poursuivre dans la voie du volontarisme politique. Gageons que la première version de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), attendue d’ici le mois septembre, apparaisse comme le phare des énergies marines.

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web

 

[1] Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie

[2] Énergies renouvelables

[3] Projet de réacteur nucléaire de troisième génération

[4] Ex DCNS (société détenue à plus de 62% par l’État français)

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Solaire Transition énergétique

Solaire : baisse record des prix de production de l’électricité

Le dernier appel d’offres du gouvernement pour l’installation de centrales solaires de grandes puissances a retenu une centaine de projets. Du nord au sud, 10 des 13 grandes régions métropolitaines du pays sont concernées. L’augmentation des volumes et la mise en place de primes ont fait baisser de 5,5 % le prix moyen du MWh.

C’est une bonne nouvelle pour la transition énergétique des territoires français. Le quatrième volet de l’appel d’offres couvant la période 2016-2019 pour la construction de centrales solaires de grandes puissances a retenu 103 projets. La puissance installée s’élève ainsi à 727,8 MWc, soit l’équivalent de la consommation d’énergie annuelle de quelque 100 000 foyers.[1]

La transition énergétique s’installe partout

Si la Nouvelle Aquitaine monte sur la première marche de la puissance installée avec 168,6 MW, l’Occitanie s’impose, elle, en nombre de projets retenus : 25 parcs pour un total de 157,3 MWc. Seule région du sud à ne pas figurer sur le podium, Provence-Alpes-Côte d’Azur (79,5 MWc) est reléguée à la quatrième place par la région Centre-Val de Loire avec près de 85 MW. Les régions de la moitié nord du pays ne sont donc pas absentes, bien au contraire. Hauts de France, Bretagne, Grand Est, Pays de la Loire, Bourgogne–Franche-Comté représentent 35 % du volume de projets retenus. Enfin, avec 14 projets de 69,4 MWc, Auvergne-Rhône-Alpes reste l’une des régions les plus dynamiques en termes d’installations solaires.[2]

Les grands groupes en tête

Sans surprise, ce nouvel appel d’offres fait la part belle aux plus grands acteurs de l’énergie. Selon l’analyse de Finergreen, Engie arrive en tête, avec 25 parcs de 229 MWc (incluant CNR[3]). Suivent Quadran, filiale de Total, qui remporte 15 parcs de 100 MWc et Urbasolar avec 63 MWc. À eux seuls, ces trois groupes totalisent près de 54 % du volume attribué. Une domination que l’on retrouve également dans les résultats cumulés des quatre appels d’offres lancés depuis 2016. Engie sort grand vainqueur avec 554 MWc, loin devant Urbasolar qui remporte 200 MWc et Total/Quadran, troisième, avec 191 MWc.

Record de prix à la baisse

Le grand nombre de projets retenus combiné au volume de production offert par ce quatrième appel d’offres a permis, une fois encore, de rendre le solaire de plus en plus compétitif. Ainsi, pour les projets de centrales solaires de grandes puissances (entre 5 et 30 MWc) le prix moyen est de 52 €/MWh. C’est le plus bas jamais atteint en France pour de tels parcs. Une baisse de 5 % comparé aux prix du précédent appel d’offres sur cette famille d’installations. Pour le ministère de la Transition écologique et solidaire, « le bonus sur la pertinence environnementale du terrain d’implantation mis en place dans cet appel d’offres » à également porté ses fruits.

Rattraper le retard

Ces résultats sont l’occasion d’un satisfecit du ministère de Nicolas Hulot. Ce dernier rappelle que la France respecte ainsi ses engagements, pris lors du « One Summit Planet », d’augmenter le volume de production des énergies renouvelables (EnR). Passé ce constat, notre pays n’en reste pas moins à la traine de ses voisins européens. Les dernières données publiées par l’Office statistique de l’Union européenne le classent parmi les cancres de l’espace communautaire. Avec 16 % de sa consommation finale d’énergie provenant de sources renouvelables fin 2016, la France se situe au-dessous de la moyenne européenne (17 %). Il nous faut donc rattraper le retard. L’objectif fixé pour 2020 (23 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale) semble inatteignable de l’avis du Syndicat des énergies renouvelables. Celui fixé à l’horizon 2032, portant la part des EnR à 32 %, paraît lui plus accessible au regard des annonces du gouvernement et de la volonté affichée. Pour cela, professionnels du secteur, citoyens et élus attendent désormais du gouvernement d’autres engagements et mesures concrètes à même d’accélérer la transition énergétique des territoires.

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web

 

[1] Chiffre du Ministère de la transition écologique et solidaire

[2] Source : Ministère de la transition écologique et solidaire

[3] Compagnie Nationale du Rhône