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Solaire

Autoconsommation : la connexion citoyenne

Produire et consommer son électricité, c’est désormais possible. À l’échelle individuelle et collective, les citoyens s’organisent pour faire d’un vieux rêve une réalité émergente.

On le sait depuis longtemps, les citoyens ont de l’énergie à revendre ! En France, les toits de nos villes et de nos campagnes fleurissent de panneaux solaires. Aujourd’hui, si 350 000 particuliers produisent leur énergie, la plupart d’entre eux la revendent sur le réseau. Mais les pratiques évoluent. Désormais, de plus en plus de citoyens s’engagent dans l’autoconsommation. Fin 2017, 15 000 foyers autoconsommaient leur électricité sans être raccordés au réseau, tandis que 5 000 autres revendaient leur surplus. Si ces autoconsommateurs ne représentent que 4 % du total des installations de production solaire, la tendance est là. Selon la Commission de Régulation de l’Énergie, près de la moitié des nouvelles demandes de raccordement de production aux réseaux sont en autoconsommation.

De l’individuel au collectif

Cet engouement récent pour l’autoconsommation s’explique avant tout par une volonté : « devenir acteur de sa production énergétique en devenant producteur », déclare le Maire de Luc-sur-Aude. Première commune de France à avoir porté le projet d’un parc solaire participatif, ses citoyens sont devenus actionnaires de la société, une SAS, qui gère la production. Ainsi, 258 habitants de la commune ont financé près des trois quarts du projet, soit 270 000 €, à travers le financement participatif mis en place par Enerfip. Cette centrale citoyenne a la caractéristique d’être à la taille du village et de produire ce que les habitants consomment. Elle est aussi la réalisation concrète d’une transition énergétique à l’échelle locale.

Autoconsommation, l’immense potentiel

36 000 communes sont à même d’encadrer cette énergie citoyenne et de fournir des espaces publics pour la collecte d’énergie. Autres atouts indéniables, les surfaces disponibles sur les toits pour y installer du photovoltaïque, ainsi que le taux d’ensoleillement et les conditions météorologiques favorables. Enfin, il est levier qui peut aussi grandement impacter l’autoconsommation dans les prochaines années : les débouchés financiers. Pour certains secteurs comme l’agriculture, l’énergie citoyenne pourrait apporter d’autres sources de revenus. En Allemagne, bon nombre d’agriculteurs ont fait de la production d’énergie leur seconde activité. Une autre façon d’exploiter la nature et de vivre d’autoconsommation.

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web

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Méthanisation Transition énergétique

Méthanisation agricole : la clé des champs ?

Et si les exploitations agricoles produisaient 5 % de la consommation française de gaz en 2030 ? Le pari est réalisable au vu de l’intérêt grandissant porté à la filière biogaz par les agriculteurs, les pouvoirs publics et les citoyens.

La France n’a pas de gaz, mais elle a du fumier, des déchets verts et agricoles. Autant de matières premières, peu valorisées aujourd’hui, qui pourraient être une source intarissable d’énergie. Le principe est simple : les micro-organismes de la matière organique dégradent les déchets agricoles pour produire d’une part du biogaz, d’autre part des résidus transformés en engrais. Le biogaz sert à chauffer, produire de l’électricité ou du carburant. Les engrais organiques viennent enrichir les champs. Autrement dit, une économie circulaire et vertueuse.

Davantage d’intérêts communs

Un projet de méthanisation crée une dynamique dans laquelle tous les acteurs et les habitants du territoire ont un intérêt en commun. Pour les agriculteurs les avantages tiennent à :

– la création de revenus complémentaires stables (vente d’électricité) ;

– la diversification des débouchés pour les résidus de culture ;

– la couverture des besoins de chaleur sur fond d’augmentation du coût de l’énergie ;

– l’amélioration des engrais de ferme (meilleure assimilation par les plantes).

Pour les collectivités locales et les habitants, un projet de méthanisation offre :

– une attractivité économique en lien avec l’utilisation de chaleur par exemple ;

– un gain en autonomie avec une énergie renouvelable produite localement ;

– la maîtrise des coûts des traitements de déchets (redevance) ;

– une réduction des émissions de gaz à effet de serre (captage du méthane agricole).

Contraintes réglementaires et financières

Reste la réalité réglementaire et financière. La complexité administrative et le peu d’empressement des banques à financer des projets de plusieurs millions d’euros n’en sont pas moins porteurs d’espoir. Les pouvoirs publics ont récemment affiché un volontarisme en la matière. Le groupe de travail installé par le secrétaire d’État à la transition énergétique a rendu ses conclusions fin mars. Parmi les actions mises en avant pour aider les agriculteurs : la facilitation d’accès au crédit. 100 millions d’euros sur le Grand Plan d’Investissement (GPI) pour financer un fonds de garantie Banque Publique d’Investissement (BPI) ont été annoncés.

L’implication citoyenne

Mais les garanties de l’état ne suffiront pas à atteindre l’objectif de production de 10 % de gaz vert en 2030 fixé par la loi de transition énergétique de 2015. Pour cela, il faut plus que doubler les installations existantes. L’implication citoyenne est souvent à la base de la réussite. En associant les habitants du territoire à la réflexion comme au financement, les agriculteurs ont la certitude de pouvoir mener à bien leur projet de méthanisation. Dans cette perspective, le financement participatif a déjà prouvé sa pertinence. Plusieurs projets de méthanisation comme celui de Déméter sont en passe de voir le jour à l’aide de ce dispositif innovant pour la filière. À chaque fois, les habitants comme les collectivités ont compris que la méthanisation allait développer le territoire tout en préservant l’environnement.

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web

Sources : Ademe et ministère de la transition écologique et solidaire

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Hydro Transition énergétique

Comment apporter de l’eau au moulin de la petite hydraulique ?

Dans un secteur à fort potentiel, soutenu par des tarifs d’achat avantageux, certains porteurs de projets hésitent encore. Pourtant, face aux investissements nécessaires pour répondre aux normes d’installation, une solution simple et citoyenne existe : le financement participatif.

Première source de production d’énergie renouvelable en France, l’hydraulique est au centre de toutes les attentions. Avec 19,5 % de la part de production électrique installée en 2017[1], le secteur bénéficie, depuis 2009, d’un plan de relance des pouvoirs publics. Traduit dans une « convention d’engagement pour le développement d’une hydroélectricité durable en cohérence avec la restauration des milieux aquatiques suite au Grenelle de l’environnement », cette volonté publique fixe un cadre pour mettre les ouvrages existants aux normes environnementales. L’objectif est d’assurer une continuité écologique par la mise en place de passes à poissons, d’une intégration paysagère et d’isolation phonique. Louables et nécessaires, ces normes ne sont pas sans conséquence financières pour les porteurs de projets souhaitant développer la petite hydroélectricité.

Petit hydraulique devenu grand

En France, près de 90 % des centrales sont de petites unités hydroélectriques. Bien souvent installées au fil de l’eau, elles s’inscrivent dans le temps long. L’énergie de l’eau fut l’une des premières à être domestiquée, dès l’antiquité, par le biais des premiers moulins. Sophistiqués au fil des siècles, de nombreux moulins ont été réhabilités pour produire une électricité locale et respectueuse de l’environnement.

Petites centrales et gros potentiels

Les études sur le potentiel hydroélectrique français montrent que l’on peut encore envisager une augmentation de 16 % de la production électrique. Ramener à la seule petite hydroélectricité (7 Twh de production actuellement), c’est une augmentation de production de 5,5 Twh qui est envisagée dans les prochaines années. Pour réaliser ce potentiel, les nouvelles installations et les rénovations requièrent des capitaux que les propriétaires n’ont pas forcément à leur disposition. Au lieu de renoncer, ou de vendre, l’investissement citoyen peut être un levier puissant.

Pourquoi le financement participatif ?

Le financement citoyen correspond aux nouvelles attentes sociétales de la transition énergétique et de la lutte contre le réchauffement climatique. Le rapport des consommateurs à l’électricité se transforme aujourd’hui avec de nouveaux usages (outils de productions décentralisés, satisfaction à utiliser une électricité propre, décarbonée et surtout produite localement). Il en est de même avec l’épargne. Les citoyens veulent aujourd’hui flécher leurs investissements vers des projets concrets, ayant un impact fort sur leur territoire. En intégrant le financement participatif aux projets de petites centrales hydroélectriques, les citoyens participent au futur énergétique. Ainsi, collectivement, ils contribuent aux levées de fonds nécessaires aux porteurs de projets pour que vivent les territoires à énergies positives.

[1] Bilan électrique 2017, RTE – Réseau de Transport d’Électricité

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web

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Éolien Transition énergétique

Fondations des éoliennes : revoir les bases

C’est l’un des arguments préférés de ceux qui s’opposent aux projets éoliens : l’impact irréversible d’une « bétonisation » des sols. Pas de chance, il existe des réponses… « béton » !

Depuis 2011, l’arrêté n° 0198 du ministère de l’Écologie encadre fortement la remise en état des sites éoliens en fin de vie. Tout doit être démonté. Les sols, abritant les fondations, doivent être excavés sur une profondeur comprise entre 30 cm et 2 mètres selon leurs usages finaux. Dans tous les cas, les terres originelles doivent être remplacées par des « terres de caractéristiques comparables », ce qui vaut aussi pour les chemins d’accès aux éoliennes.

De plus, le financement de ces opérations doit être obligatoirement provisionné par le propriétaire du parc à hauteur de 50 000 euros par éolienne.

Économie circulaire 

Mais ce n’est pas tout ! Le béton et l’acier des fondations sont intégralement enlevés, éliminés ou recyclés. Ses opérations sont détaillées dans un article récent du journal de l’environnement. Samuel Neuvy, responsable développement du groupe Quadran (filiale renouvelable de Direct Energie) explique les pratiques vertueuses appliquées sur le parc éolien de Goulien, dans le Finistère, et appelées à se généraliser. Entièrement concassé, le béton est recyclé en granulats tandis que les métaux sont récupérés par un ferrailleur. Les projets éoliens n’ont pas attendu la feuille de route du gouvernement pour s’inscrire dans l’économie circulaire.

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web

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Transition énergétique

Énergies renouvelables : toujours plus de créations d’emplois

Vous en doutiez ? La transition énergétique est, de l’aveu même du directeur général de l’Irena « inarrêtable ».

« Les énergies renouvelables sont devenues un pilier d’une croissance économique faiblement carbonée partout dans le monde », ajoute Adnan Z. Amin. Dans son dernier rapport, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables fait le bilan des créations d’emploi en 2017.

La France sur le podium européen

Située à la troisième place des 28 pays membres, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni, la France compte 107 000 emplois. Une part importante se concentre dans la biomasse et les agrocarburants, l’éolien totalise lui 18 000 emplois. Certes, la France se situe dans le top 10 mondial en termes de nouvelles capacités installées en 2017. Mais l’Allemagne reste de loin championne toutes catégories avec neuf fois plus d’emplois pour ce seul secteur.

10,3 millions d’emplois dans le monde

Avec plus de 500 000 emplois créés l’an dernier, les énergies renouvelables confirment que la transition énergétique est une des locomotives du marché de l’emploi. Certes, ces bons chiffres sont à mettre en corrélation avec le boom du solaire en Chine. Le pays concentre à lui seul plus du tiers des emplois EnR de la planète avec 3,8 millions, dont 2,2 millions pour le solaire photovoltaïque. Les deux autres poids lourds sont les États-Unis et le Brésil avec respectivement 893 000 et 786 000 emplois.

Cyrille Arnoux, responsable éditorial web